Hokum — Critique

Illustration : Affiche officielle. Droits réservés à leurs propriétaires.

Une maîtrise immédiate du jumpscare

Dès ses premières minutes, Hokum, réalisé par Damian McCarthy, affiche ce qui constitue sans doute sa qualité la plus évidente : une maîtrise réelle du jumpscare. Le film ne tergiverse pas sur ce point — il frappe d’emblée, avec une efficacité qui surprend, tant elle évoque davantage certaines productions américaines que les habitudes plus retenues du cinéma européen. On pense, par instants, à l’influence d’un James Wan, dans cette capacité à jouer avec l’attente, le cadre, le surgissement.

Une identité visuelle européenne

Et pourtant, tout, dans la matière même de l’image, rappelle que l’on est ailleurs. Le grain, la photographie, la manière dont les espaces sont habités — ou plutôt laissés à eux-mêmes — inscrivent immédiatement le film dans une esthétique européenne reconnaissable. Reste à savoir si ce choix relève d’une volonté formelle ou de contraintes plus matérielles ; dans les deux cas, il installe une distance, une texture particulière, qui participe autant de l’identité du film que de ses limites.

Un déséquilibre narratif

Car très vite, un déséquilibre apparaît. Entre ces moments de tension parfaitement exécutés, le film s’étire, ralentit, s’abandonne à une forme de flottement que le scénario ne parvient pas à structurer. Là où les jumpscares imposent un rythme, une pulsation presque organique, le récit, lui, peine à suivre. Il avance sans véritable ossature, comme s’il reposait trop exclusivement sur ces pics d’intensité pour justifier sa progression.

Des limites structurelles

Or un film d’horreur ne peut se contenter d’aligner quelques séquences marquantes, aussi réussies soient-elles. Il suppose une construction, une montée, une logique interne capable de soutenir l’attention entre les chocs. Ici, cette continuité fait défaut. Le film semble par moments se disperser, s’autoriser des détours — notamment vers des registres plus psychédéliques — qui, s’ils témoignent d’une tentative d’élargissement, finissent par brouiller la trajectoire plutôt que de l’enrichir.

Ce flottement affecte également les personnages, présents sans être véritablement porteurs d’une dynamique. Les acteurs, eux, ne sont pas en cause : ils s’acquittent de leur rôle avec sérieux. Mais l’écriture ne leur offre pas de véritable prise, pas de tension à incarner sur la durée.

On pourrait alors être tenté d’expliquer cette faiblesse par un biais plus large, presque structurel : celui d’une certaine narration européenne, qui privilégie l’atmosphère au détriment de l’efficacité dramatique. Mais l’argument trouve vite ses limites. Le problème n’est pas le lieu, ni les moyens — des productions américaines ont largement prouvé qu’il était possible de tirer le meilleur de n’importe quel décor, aussi minimal soit-il. Ce qui manque ici, c’est moins une esthétique qu’une véritable colonne vertébrale narrative.

Conclusion

Hokum reste un film paradoxal, capable de fulgurances réelles, mais incapable de les relier entre elles. Le film impressionne par moments, dérange parfois, mais ne parvient jamais à transformer ces instants en une expérience continue. Il réveille, sans jamais vraiment tenir éveillé.

La note de Zola Ntondo : 2 sur 5 ★★☆☆☆


Mots-clés : Hokum, critique Hokum, Damian McCarthy, film d’horreur, jumpscare, cinéma européen, critique cinéma, horreur psychologique.

Zola Ntondo

Zola Ntondo

Éditeur en chef

Je suis Zola Ntondo, né le 17 janvier 1979 à Bordeaux. Je suis écrivain, pianiste et webmaster expert en référencement SEO. Formé au Conservatoire de Bordeaux, j’explore dans mes ouvrages les thèmes de la séduction, du consentement et des attirances.