28 ans plus tard — Critique : une énergie nouvelle pour une saga d’une autre époque

Illustration : Affiche du film. Droits réservés à leurs propriétaires.

Un déplacement assumé dans la saga


28 ans plus tard opère un déplacement net au sein de la saga inaugurée au début des années 2000. Là où 28 jours plus tard (2003) puis 28 semaines plus tard privilégiaient une progression plus lente, fondée sur l’installation graduelle de la menace et l’effritement progressif du tissu social, ce nouveau volet adopte une énergie sensiblement différente.

Il ne s’agit pas d’un simple changement de rythme : le film s’inscrit dans une autre temporalité de production, de diffusion et de réception. Cette reconfiguration est l’un de ses gestes les plus déterminants.

 

Une énergie nouvelle face à la lenteur des précédents


Le contraste est perceptible dès les premières séquences. Le film assume une vitalité narrative et une tension immédiate qui tranchent avec la temporalité plus étirée des opus précédents. Cette accélération ne relève pas nécessairement d’un appauvrissement : elle correspond à une autre manière d’énoncer les mêmes obsessions.

28 ans plus tard ne cherche plus à installer patiemment l’horreur : il la présuppose. La catastrophe est déjà intégrée au monde qu’il montre — et au regard du spectateur. Le film peut alors déplacer son efficacité vers l’intensité, le choc rythmique, la relance constante du danger.

 

2003 vs aujourd’hui : mutation des attentes et de la réception


Ce choix formel est indissociable du contexte historique. Lorsque 28 jours plus tard paraît en 2003, le paysage médiatique est radicalement différent : l’économie de l’attention n’est pas structurée par les réseaux sociaux, et la sidération face à l’effondrement constitue encore un moteur central de l’expérience spectatorielle.

Aujourd’hui, les récits de crise, de pandémie et de catastrophe prolongée saturent l’imaginaire. L’état d’urgence n’est plus un choc : il est devenu une donnée structurelle. 28 ans plus tard prend acte de cette transformation et adapte sa forme en conséquence : moins d’attente, davantage de mouvement, une dramaturgie plus directe.

 

Mise en scène : intensité, mobilité, frontalité


Cette énergie irrigue la mise en scène. Le film privilégie l’intensité et la mobilité, avec une approche plus frontale de l’action et du danger. Pour autant, cette intensification ne neutralise pas les enjeux : elle les rend plus immédiats, comme si le monde du film ne pouvait plus se permettre la lenteur de la sidération.

 

Enjeux : cohabiter avec l’état d’urgence


Après plusieurs décennies de cohabitation avec la catastrophe, ce n’est plus l’effondrement qui fait sens, mais la manière dont les sociétés se sont réorganisées autour de lui. Les comportements se durcissent, les décisions se resserrent, les compromis deviennent plus brutaux. L’infection n’est plus seulement un événement : elle est un arrière-plan permanent, un état du monde.

En ce sens, le film recontextualise l’héritage de la saga : il accepte que le cinéma de l’infection ne puisse plus se raconter comme au début des années 2000, et propose un récit plus nerveux, plus tendu, mais cohérent avec cette nouvelle époque de réception.

 

Conclusion


28 ans plus tard apparaît comme un volet énergique, stimulant, et pleinement conscient de sa situation historique. Il ne cherche pas à reproduire la lenteur fondatrice des origines, mais à inscrire la saga dans une autre temporalité : celle d’un monde qui a appris à vivre avec l’effondrement sans jamais en sortir tout à fait.

La note de Zola Ntondo : 3 sur 5 ★★★☆☆
Zola Ntondo

Zola Ntondo

Éditeur en chef

Je suis Zola Ntondo, né le 17 janvier 1979 à Bordeaux. Je suis écrivain, pianiste et webmaster expert en référencement SEO. Formé au Conservatoire de Bordeaux, j’explore dans mes ouvrages les thèmes de la séduction, du consentement et des attirances.