Chronique criminelle : Épisode 1 – Je t’aime toujours

Par Judith Ruth Brunel

Poétesse et juriste, autrice de “Succès boisés et autres plaidoiries poétiques”

Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d’une pure coïncidence

La phrase “Je t’aime toujours” résonne profondément, mêlant abjection et profondeur. Elle évoque un amour persistant, mais aussi la douleur de l’amour perdu depuis longtemps.

Chaque lecture de ces mots ramène l’idée d’un amour unilatéral. Depuis 15 heures, je reste éveillée, fuyant la peur, le stress, l’anxiété. Je dois survivre. Il m’a retrouvée : mon odeur, mes yeux, mon appartement. Il sait où je vis, il veut me voir seule. Un jour, il viendra armé, je le sais.

La dernière fois, il était 4 heures du matin lorsqu’il est monté. Après avoir inscrit “C’est la dernière fois que tu montes ces marches” sur ma porte, il était parti. Nous avons passé des heures à effacer ces mots. Hier, il est revenu, vêtu de jogging, pour me terroriser. Tout est filmé. En lettres violettes, il a marqué “JE T’AIME TOUJOURS” sur ma porte. Ma colocataire tremble de peur, comme moi. Cette terreur dure depuis des jours, des mois, des années, sans que rien ne soit fait.

Je me sens épiée, suivie, espionnée. Hier, une voiture est restée devant chez moi pendant 2 heures, phares allumés. Et les menaces pleuvent… Depuis 4 ans, je suis traquée, je ne suis plus chez moi. J’ai faim, j’ai froid, je veux sortir, manger, lire, écrire et dessiner.

Il avance, lourdement, sa voix rauque, pour ouvrir ma porte. Mais elle est fermée à double tour, cette fois, il ne pourra pas entrer. Je reconnais sa démarche, son mode opératoire. Il repère. S’il me sait éveillée, il veut me signifier sa présence ; sinon, laisser une trace. Après être sorti, il descend lentement les escaliers. Intelligent, rusé, prévoyant. Je suis passionnée de sciences criminelles, il le sait. Cela le rend fou. Mais je suis plus astucieuse que lui, je le tiens à distance. Il ne peut pas m’attraper. Il ne m’attrapera pas, je suis libre.

Il est mon premier amour, ma première souffrance. Dangereux, égoïste, manipulateur. Si je devais adresser mes dernières pensées sur mon lit de mort à quelqu’un, je remercierais ceux qui ont lu mon récit.

Chers lecteurs, je vous aime.

Judith Ruth Brunel

Judith Ruth Brunel

Juriste

À propos de moi, Judith Ruth Brunel :
Née le 5 janvier 1998 à Lyon, je suis une juriste passionnée par les sciences criminelles. Mon premier livre  « Succès boisés et autres plaidoiries poétiques » représente pour moi une fusion unique entre la rigueur de la logique juridique et la délicatesse de la #poésie.

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