Le Diable s’habille en Prada 2 — Critique
Illustration : Affiche officielle. Droits réservés à leurs propriétaires.
Le plaisir du retour
Revenir dans l’univers du Diable s’habille en Prada, c’est avant tout retrouver une mécanique bien huilée. Avec cette suite, le film ne cherche pas à réinventer quoi que ce soit : il prolonge. Et c’est précisément ce qui fait à la fois sa force et sa limite.
Le plaisir naît d’abord de cette reconnaissance immédiate. On retrouve une atmosphère, un rythme, une manière de faire circuler le pouvoir, l’élégance, l’ambition et la cruauté feutrée dans un monde où l’apparence n’est jamais seulement décorative. Le film sait très bien ce que le public vient chercher, et il le lui donne avec une efficacité certaine.
La logique des grandes suites
Car il faut le rappeler : les suites occupent une place particulière au cinéma. Certaines deviennent même des références, parfois supérieures à leur modèle — on pense au Parrain, 2e partie ou à Terminator 2, où il ne s’agit plus seulement de prolonger, mais d’approfondir, de transformer.
Ici, le choix est différent. Le film ne cherche pas à déplacer radicalement son centre de gravité, mais à retrouver un équilibre déjà éprouvé. La suite fonctionne moins comme une rupture que comme une réactivation.
Un univers intact
Dès les premières minutes, tout est en place. La mode, les silhouettes, les dialogues rapides, les tensions feutrées — le film réactive immédiatement les codes qui ont fait le succès du premier.
Porté notamment par Anne Hathaway, le film avance avec une maîtrise technique évidente. Musiques, décors, événements, ambiance Fashion Week : tout est à sa place. Rien ne dépasse vraiment, mais rien ne manque non plus.
La force et la limite de la continuité
Mais cette fidélité a un prix. L’intrigue, bien construite, reste légère, presque attendue. Elle accompagne le film sans jamais réellement le tirer vers autre chose.
C’est là que le film peut diviser. Certains seront ravis de retrouver cet univers, d’autres pourront rester sur leur faim. Les deux lectures se tiennent.
Un film qui rassemble
Et pourtant, cela fonctionne. La salle, quasi pleine même en séance matinale, en dit long sur l’attrait du film.
Le film bénéficie d’un univers installé depuis longtemps et prouve qu’il fallait, à un moment, lui redonner une présence, une visibilité, une actualité.
Conclusion
Le Diable s’habille en Prada 2 est une suite qui prolonge sans trahir. Un film maîtrisé, agréable, mais qui ne cherche jamais à dépasser son modèle.
On y passe un bon moment — mais sans véritable surprise.
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Zola Ntondo
Éditeur en chef










